COMPE RENDU MISSION YOUZONDO JANVIER 2008

Denise Ducasse et Rosemary Fleury Téchoueyres

 

Nous avons d’abord rencontré individuellement, à Ouagadougou, le 08 01 2008 :

-         Issaka, représentant de l’ABLY et coordinateur des actions dans les villages;

-         Mathurin, qui vient de monter l’Association Na Mangb Zànga pour le développement de Tiogo Mossi, ce qui signifie pour le «développement durable …pour l’homme ».);

-         Aly Tingery, association pour le développement de Bonou;

-         Job Bamongo, association pour le Développement de Petit Samba.

Ces trois derniers, ressortissants des 3 villages vivent à Ouagadougou, mais sont très impliqués et souvent présents dans la vie de leurs villages. Il ressort de nos entretiens que désormais, Youzondo France et l’Ably travailleront en collaboration avec les associations de développement des villages; celles-ci assureront un relais pour la gestion des fonds et la surveillance des travaux.

Issaka souhaite laisser le soin aux associations Youzondo des villages d’organiser et animer les journées Youzondo

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Mathurin, dont l’épouse est salariée d’une ONG suédoise, a indiqué qu’un atelier de séchage serait un bon projet à Tiogo Mossi.

En ce qui concerne Bonou, après le constat observé en novembre dernier que le maraichage était comme à l’abandon, Youzondo-France avait décidé et informé Youzondo Bonou qu’elle n’enverrai pas d’autre argent tant que le maraichage ne serait pas en état de fonctionnement, avec des personnes motivées pour s’en occuper. Aly a expliqué qu’il y a des jalousies de la part des villageois qui comprennent mal que certains reçoivent de l’argent – ce qui laisse à penser que la sensibilisation manque de visibilité. Il pense aussi que l’argent que nous versons doit être destiné à l’entretien et au fonctionnement du maraîchage en attendant qu’il soit rentable.

Il est farouchement contre les perdiems : « la perdiemite », maladie amenée par la colonisation.

Toutefois, Denise s’est rendue à Bonou fin janvier où elle a trouvé un maraîchage de 1Ha cultivé, par les 40 personnes qui ont suivi la formation : grand enthousiasme, beaucoup d’hommes et de femmes très motivés. D’autres sont très preneurs pour la formation, même sans perdiem. Ils ont refait la clôture avec des piquets en bois tous les mètres ; les puits donnent de l’eau. Ils sont enchantés de la formation qui leur a permis de : « corriger leurs insuffisances en matière de travail et de puisage de l’eau. Ils ont amélioré leur façon de concevoir le maraîchage » Il y a moins d’eau gaspillée.

 

Job a parlé du projet de séchage de mangues, en collaboration avec l’association suisse APS ; ils sont allés visiter le centre écologique Albert Schweitzer à Gonghin Ouaga qui fait des formations, vend du matériel de séchage à gaz et solaire : possibilité de sécher des mangues, des tomates, des oignons...Mais l’ADPS et l’APS sont au stade de la réflexion pour ce projet. Job dit qu’il faut voir avec la motivation des femmes. Par ailleurs, la savonnerie n’a plus de karité car les noix ont été achetées pour partir en Europe (Ce problème est malheureusement aussi nutritionnel, en effet nous n’avons pas vu comme d’habitude les marmites de karité qui permettaient d’apporter des Matières Grasses dans la confection des plats. Toutes les noix ont été vendues.)

Nous avons parlé du barrage de Kizambo. L’ADPS a rencontré Mr Zida du Programme de Développement Rural Durable (PDRD) : Ce barrage est un projet prioritaire pour 2008. Il avait été construit par les villageois dans les années 70, il s’est effondré en 1996. Cette restauration va améliorer le niveau d’eau dans les puits de PS mais aussi l’ampleur du barrage de Kanazoé, ce qui est une bonne raison pour que cela se fasse. Le barrage de Kanazoé permet un plan d’eau de 50km de long à  15km de PS, de nombreux jeunes s’y rendent par la brousse pour faire du jardinage. Il y pousse beaucoup de tomates qui pourraient être séchées. Job est d’accord pour penser que ces jeunes pourraient bénéficier de formations, car ils utilisent des engrais, des produits phytosanitaires sans connaissances.

 

RENCONTRES AVEC LES ASSOCIATIONS YOUZONDO DES VILLAGES

 

Petit Samba

Les deux puits ne fonctionnent pas bien, ils ne sont pas finis : dés qu’ils se tarissent, les hommes creusent avec des piques pour aller chercher l’eau plus bas. ils vont continuer à creuser au fur à mesure que l’eau se tarit. Un gros tiers est bien cultivé, mais pas plus à cause   du manque d’eau

Dans la pépinière, tous les plants n’ont pu être repiqués faute d’eau. On voit de nombreux choux, des oignons, des tomates, quelques carottes, des patates douces orange, de belles planches cultivées en zaï...

Ils ne feront pas de maraîchage pendant la saison des pluies, mais sèmeront du maïs, qui est récolté plus tôt que le mil, afin de lancer le maraîchage plus tôt.

Il y a très peu de jeunes au village, ils sont tous au Barrage de Kanazoé dont on a parlé plus haut.

L’idée de proposer des formations à ces jeunes, sans perdiem, va faire son chemin. C’est le bureau de Youzondo qui devra les déterminer, ainsi qu’un contrat.

Denise a vu quelques manguiers bien productifs, environ 15 sur 2 quartiers.

Ils vont organiser les journées Youzondo dés la fin de leurs fêtes traditionnelles

L’école attend le chèque pour commencer la cantine en février : ils ont réuni le petit mil, les haricots, mais n’ont pas du tout de matière grasse car les noix de karité ont été vendues à l’export ; C’est désespérant, car les enfants déjà carencés n’ont pas assez de matière grasse et les huiles sont trop chères. Les instituteurs souhaitent de l’argent pour la remise des prix en juin (cartables sac à dos, cahiers, fournitures) : ainsi les meilleurs élèves sont distingués dans la cour, cela produit de l’émulation.

A Yako, nous avons rendu visite à Placide à la radio, celle-ci est toujours en excellent état .Il y a maintenant un centre informatique et Placide s’initie avec enthousiasme.

La sœur du Centre de Récupération et d’éducation Nutritionelle (CREN), Pauline OUYA, va faire une nouvelle émission de santé à la radio avec un groupe de femmes ;

Denise est allée chez Maisons Familiales Rurales, qui a promis de nous faire passer tout le dossier post formation.

 

Tiogo Mossi

Le forage du CSPS n’est pas bon, l’eau est trouble prenant une couleur marron, et en plus elle est huileuse. L’analyse indique qu’elle est pourtant potable. C’est un forage fait par l’Etat qui  ne s’en occupe plus, la garantie étant dépassée.

Notre message est de recentrer sur la malnutrition et la CEVA (carence en vitamine A), en organisant 4 réunions par an autour d’un thème, soit sur la santé soit agricole, donnant lieu à un CR par internet.

Nous avons fixé ensemble la date de début des formations, prévue le 17 01 08, à Koudougou, en précisant que seuls les intéressés qui s’engagent à suivre la totalité devaient y aller ; sinon ils pouvaient laisser leur place à qqn d’autre. Ensuite ils bénéficieront de la pratique pendant 4 jours quand le maraîchage sera terminé.

Ils ont l’intention d’utiliser le maraîchage même pendant l’hivernage, contrairement aux autres villages (selon Marc).

Nous avons annoncé la somme globale à gérer par le bureau, et qui pourra servir à l’entretien du maraîchage. Nous avons même laissé entendre que la dotation continuerait 2 ans après la mise en route viable du maraîchage.

L’infirmier et l’aide accoucheuse appliquent le protocole VA, et en ont suffisamment. ils seraient d’accord pour participer à la sensibilisation avec Youzondo.

Nous avons visité la plantation de manguiers Paquito qui se porte bien, certains sont même en fleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VISITE  DU  CENTRE   ECOLOGIQUE  ALBERT  SCHWEITZER à Ouagadougou.

 

Nous avons visité ce centre avec Job Bamongo et rencontré Charles Didace Konseibo, ingénieur énergétique. Job lui demande de venir à PS pour la mise en route du jardin de l’école, et pour voir le jardin Youzondo.

Le centre propose une fois par an une formation à la technique de séchage et gestion PME sur 3 semaines (la session juin 2008 est complète). Elle concernerait une personne titulaire du BEPC qui serait ensuite suivie sur place sur demande, et pourra être aidée par une personne éclairée. Le séchage se fait de mi avril à fin août ; de toutes façons, il faut augmenter les plantations de manguiers, et les karités.

Le centre s’occupe aussi de forages pour l’eau.

 

 

LES THESES :

Zongo Arsène : « évolution du statut en Vitamine A au village de Petit Samba entre 2002 et 2007 » et Sakira Abdoul Karim: « étude comparative de la carence en VA dans les villages de PS et Tibin, province du Passoré, Burkina Faso »

 

Les 2 jurys n’ont cessé de répéter combien ce sujet était important, intéressant, complètement dans la ligne des projets de santé publique et de soins : «  ces documents ont une importance capitale ». D’ailleurs les 2 jurys étaient composés de professeurs cliniciens (pédiatrie et gastroentérologie), un professeur de santé publique, un médecin nutritionniste, et un professeur des sciences fondamentale (chimie). Donc des commentaires très enrichissants.

Job est venu aux deux soutenances, ainsi que 3 jeunes étudiants de Pt Samba.

 

Les deux thésards concluent :

« Les scores de consommation des aliments riches en VA et en pro VA, l’évolution de la prévalence du déficit en rétinol sérique, et l’étude anatomie pathologie des Tests d’Impressions Conjonctivales (TIC) démontrent que la carence en vitamine A dans le village de PS demeure un problème de santé publique de gravité sévère »

 «Les résultats de Tibin comparés à ceux de PS sont identiques pour les rétinolémies et les TIC. La seule différence significative étant une consommation de feuilles vertes 2,5 fois plus importantes à PS.

 

Voici leurs suggestions :

A L’ASSOCIATION YOUZONDO

Activités de modification du régime alimentaire

-         promouvoir  les activités qui visent à  augmenter la disponibilité des sources de vitamine A tout au long de l’année par le biais des jardins scolaires et communautaires, des arbres fruitiers et de l’élevage.

-         renforcer la communication nutritionnelle

-         Evaluer  le niveau d’inobservance des populations aux programmes de lutte contre la carence en vitamine A

-         Intégrer dans la lutte les facteurs d’influence indirects du statut vitaminique A

-         Procéder à une supplémentation en direction des enfants d’âge scolaire.

 

-         AUX AUTORITES SANITAIRES

-         Formuler des politiques et programmes de promotion de la vitamine A

-         Promouvoir des politiques économiques et alimentaires qui améliorent la disponibilité, l’accès et la demande pour les aliments riches en vitamine A

-           Intégrer les enfants d’âge scolaire dans les programmes de lutte contre la carence en vitamine A

-         Renforcer la lutte contre les carences en micronutriments

 

AUX CHERCHEURS

Préciser la situation nationale de la carence en vitamine A par des études similaires

 

 

Il y a eu au BF l’an dernier une enquête portant sur 13 provinces pour évaluer l’état de santé général, et les résultats des thèses sont tout à fait du même ordre (le Passoré n’était pas inclus dans l’enquête)

Ils ont dit que cette thèse était encore une preuve de la malnutrition et de la pauvreté galopantes dans les régions rurales du BF.

« Vous avez soulevé un lièvre, il faut le poursuivre » a dit un président de thèse.

 

 

 

 

 

 

 

 

INTERMARCHE / PAQUITO

 

Rosemary a rencontré, dès son retour, le 15 janvier, à Bondoufle, au siège social d’Intermarché, les interlocuteurs de Wonderful et Intermarché-Paquito : Vincent Philip, directeur commercial de la société Wonderful qui fait la communication de Paquito, un de ses jeunes collaborateurs : Sébastien Puech ; le responsable marketing Intermarché, la responsable marketing Paquito (Maud) et une de ses collaboratrices..

Ils ont été tout à fait satisfaits du partenariat avec Youzondo : les compte rendus, les photos, le déroulement des actions ; ils ont parfaitement compris les aléas africains qui ont nécessité plus de temps (inondations, difficultés de communication, problèmes d’eau) et se sont montrés attentifs à ses descriptions de la vie africaine.

De leur côté, Paquito Mangue marche très bien c’est la 2° vente de jus de fruit sucré derrière l’abricot.

Ils souhaitent reconduire le partenariat pour un contrat de plus, contrat qui ferait suite à l’actuel, et pourra se réaliser jusqu’en décembre 2009.

Ils souhaitent en mars/avril faire un « encart »comme en juin dernier dans lequel ils pourraient annoncer la poursuite du partenariat.

Rosemary à insisté sur le fait qu’on ne peut pas aller trop vite, qu’il faut d’abord trouver des personnes sur le terrain capables de mener à bien les projets, et qu’il n’était pas garanti, pour le moment, que les projets que nous pouvions envisager à ce jour puissent aller jusqu’au bout, notamment l’unité de séchage.

 

Propositions d’actions futures

Suite à notre séjour, voici ce que nous pourrions proposer :                                              

                                                                               

- Formations  aux techniques de cultures maraichères et fruitières pour les volontaires des 3 villages, (sans perdiems). Ces formations seront organisées par le groupement unité d’appui agro économique de Ouahigouya. Ils concerneront environ 90 personnes.

 

- Fournitures de plants familiaux de manguiers, goyaviers, papayers, de semences de légumes.

 

- Amélioration de l’accessibilité à l’eau  en fonction des besoins de chaque village.

 

- Achat d’outillages divers pour les maraîchages.

 

- Formations aux techniques de séchage de fruits et légumes et création d’une unité  de séchage dans un village(Tiogo Mossi ou Petit Samba): il est nécessaire de lancer une étude de faisabilité. La fourniture du matériel et la formation feront l’objet de devis aupres de l’association Centre Ecologique A. Schweitzer de Ouagadougou, et d’un autre qui reste à déterminer.

 

- Journées Théâtre- forum sur le thème de la malnutrition et de la carence en vitamine A  dans les villages de Bonou, Petit Samba et Tiogo Mossi.

 

 

 

 

                        

Quelques réflexions:

-         Il semble que la sensibilisation a touché les bureaux et délégués des associations, mais pas l’ensemble du village : c’est le ressenti de Arsène et Sakira

-         On n’a pas les résultats sur la connaissance et la perception du Youzondo

-         Les résultats catastrophiques sont le marqueur d’une aggravation de la pauvreté et de la malnutrition. Les habitudes alimentaires mettent 25 ans à évoluer.

-         Isabelle avait constaté dans son étude l’an dernier, la pauvreté de la composition des repas et la faible quantité de sauce (source de nutriments), même si elle était de couleur verte.

-         Bonou réagit positivement après les formations

-         Des formations ce n’est jamais perdu

-         Les perdiems, ça peut aider une famille, mais ça ne doit pas être plus que la somme nécessaire pour ramener du pain à la famille en rentrant de formation.

-         La lutte contre l’extrême pauvreté passe par des aides à des personnes ou des petits groupes…dont la réussite incite les autres à s’y mettre

-         Que les dédommagements aux délégués doivent se transformer en aide au fonctionnement de l’association, avec l’idée que ça va s’arrêter environ 2 ans après la mise en fonction des projets

-         Que ces dédommagements ont plutôt tendance à isoler les délégués du reste du quartier, qui estiment qu’ils sont payés à ne rien faire

-         Qu’il faudrait renouveler les bureaux, mais que ce n’est pas dans leur projet

-         Que le projet de séchage, est une demande des associations de développement de PS et Tiogo Mossi, mais il faut trouver une personne motivée titulaire du BEPC sur le village